5 questions à Claire Mazzini, avocate interne chez Legal Suite

Après avoir obtenu son baccalauréat en droit et son Juris Doctor en common law à l’Université de Montréal, Claire est rapidement intéressée par les affaires et la technologie dans son rôle d’avocate. Pratiquant d’abord en litige civil général, elle se lance dans le droit commercial et corporatif, puis se plonge dans la communauté technologique de Montréal, où elle est souvent l’unique avocate dans une salle de technophiles. Co-fondatrice de Legal Hackers Montréal, elle obtient un mandat au sein du Comité TI du Barreau du Québec et rejoint récemment l’initiative Legal Tech Montréal. En 2017, elle trouve la place rêvée au sein de l’équipe de Legal Suite à titre de Conseillère juridique en gestion contractuelle TI, où elle peut allier ses intérêts en technologie et en droit des affaires au profit de la communauté des avocats en contentieux

"J’étais convaincue que je pouvais allier ma connaissance et mon intérêt pour la technologie avec le domaine du droit [...]. Je pense en effet que le droit est essentiel dans toute société démocratique et qu’à ce titre, il est nécessaire de le chérir."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Je dois avouer que pour l’instant, les départements juridiques se sont montrés plus entreprenants en termes d’avancées technologiques que les cabinets."

Pourquoi avez-vous décidé de devenir avocate interne après votre expérience en cabinet ?

En toute honnêteté, je pense que j’ai toujours été faite pour être avocate en entreprise. Depuis ma dernière année au secondaire, où j’étais très investie dans les Jeunes Entreprises du Québec, à la création de mon propre cabinet d’avocat, les affaires ont toujours fait partie de mes passions. C’est pourquoi je ne pouvais pas envisager une carrière uniquement aux côtés d’avocats. Interagir quotidiennement avec d’autres départements me permet d’améliorer ma pratique et d’avoir une vision plus complète du potentiel de mon implication dans le cadre de ma fonction. J’aime également la diversité de mon poste au sein de Legal Suite, grâce aux différents rôles que j’endosse.

 

Comment votre intérêt pour les technologies juridiques est-il apparu ?

J’ai eu la chance de grandir auprès d’un père et d’un frère travaillant dans les technologies, qui faisaient donc partie intégrante de mon quotidien. Je prenais ainsi pour acquis les technologies jusqu’à ce que je commence à pratiquer au sein d’un cabinet d’avocat. Débuter dans ce domaine a donc été un vrai choc pour moi, notamment à cause de toutes les tâches effectuées manuellement qui auraient pu être optimisées par des logiciels existants, ainsi que la quantité de papier utilisée sur une base quotidienne. J’ai vu dans cette situation la principale cause de ce fossé qui semble séparer les professionnels du droit et les citoyens et c’est ainsi que ma soif de changement est devenue une sorte de mission personnelle. J’étais convaincue que je pouvais allier ma connaissance et mon intérêt pour la technologie avec le domaine du droit, dont la pratique était plutôt désuète, afin de le rendre de nouveau pertinent. Je pense en effet que le droit est essentiel dans toute société démocratique et qu’à ce titre, il est nécessaire de le chérir.

 

Comment tirez-vous partie de la technologie dans votre pratique quotidienne ?

Évidemment, GaLexy® est un de mes outils incontournables ! Le logiciel développé par Legal Suite se révèle, entre autres, très utile pour suivre mes délais, lier des documents à mes dossiers, générer des rapports, partager de l’information entre départements, contrôler l’accès à des informations sensibles et créer une mémoire d’entreprise. J’utilise également d’autres outils comme Evernote pour partager avec mes collègues mon flot quotidien de notes, que ce soit lors de réunions internes ou de conférences (ma réputation de véritable machine à écrire n’est plus à faire !). Slack est devenu essentiel pour suivre le fil des conversations entre différents départements et sujets, ainsi que pour organiser des vidéo conférences avec mes collègues aux États-Unis et en France. Pour finir, j’utilise Adobe Acrobat régulièrement, car il n’y a rien de plus merveilleux que de modifier des documents PDF !

 

En tant qu'avocate et membre de l'équipe R&D de Legal Suite, comment pensez-vous que votre pratique sera impactée dans le futur proche ?

Je dois avouer que, pour l’instant, les départements juridiques se sont montrés plus entreprenants en termes d’avancées technologiques que les cabinets. Nous avons déjà en effet un « pied à l’étrier ». Je pense que notre environnement nous pousse dans cette direction, car les intervenants sont des gens d’affaires et non des avocats : leurs attentes sont donc simplement différentes. Concernant ce qui se dessine dans un futur proche, je pense que nous pouvons nous attendre à :

  • Une plus grande intégration de compétences en gestion de projets pour les avocats d’entreprise
  • L’essor de la créativité des avocats, notamment pour s’attaquer aux méthodologies de travail et à la gestion du risque
  • Les premiers pas vers l’automatisation de la révision des contrats
  • De meilleurs processus internes automatisés tels que les flux de travail (workflows)
  • Le développement des chabots pour répondre aux questions juridiques élémentaires ou pour naviguer à travers les processus juridiques

J’entrevoie également l’arrivée des blockchains, car il est indiscutable qu’une meilleure traçabilité des tâches juridiques et administratives est essentielle à notre travail. Je doute cependant qu’ils soient adoptés à court terme, car la plupart des entreprises et des projets dans ce domaine se concentrent actuellement sur les cryptomonnaies.

 

Un conseil pour les nouveaux avocats en entreprise ?

Une seule chose : échangez quotidiennement avec vos collègues dans d’autres départements. Participez aux réunions où le juridique n’est pas systématiquement impliqué, tels que les réunions de ventes ou de production. Rien de tel pour comprendre leur réalité et comment répondre à leurs besoins, ainsi que pour rester informé des défis auxquels ils font face.

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